mercredi 16 juillet 2014

Paupiettes napolitaines

C'est bon, joli et pas très compliqué, je devrais y penser plus souvent !


Polpetine ou paupiettes napolitaines
Recette adaptée de Julie cuisine le monde

2 fines escalopes de veau
1/2 botte de persil
1 petite gousse d'ail
2 c.s de parmesan rapé
1 c.s d'huile d'olive
1/2 verre de vin blanc
1 boîte de tomates concassées
1/2 c.c de sucre
1 feuille de laurier et un brin de thym
Sel & poivre

Hacher le persil et l'ail. Mélanger avec le parmesan râpé, un peu de sel et beaucoup de poivre. Déposer la moitié du mélange sur la première escalope et la rouler. Ficeler le tout avec du fil de cuisine. Renouveler l'opération avec la 2ème escalope.
Mettre l'huile à chauffer dans une sauteuse. Lorsqu'elle est bien chaude, y déposer les rouleaux d'escalope et les faire dorer en les tournant sur toutes les faces.
Déglacer au vin blanc, en grattant bien les sucs au fond de la sauteuse avec une spatule en bois, ajouter les tomates concassées, le thym, le laurier, le sucre, du sel, du poivre.
(on peut enrichir cette sauce en ajoutant également une carotte en dés, du céleri branche haché, un oignon haché, de l'ail...)
Laisser mijoter une vingtaine de minutes, et servir avec du riz ou des pâtes.

mercredi 2 avril 2014

S-21. Regarder vers le futur mais ne pas oublier le passé

Le 17 avril 1975, les Khmers Rouges entrent dans Phnom Penh, où il sont accueillis en libérateurs par une population lasse de guerres, qui aspire enfin à la paix. Mais les visages fermés des adolescents fanatisés leur font rapidement comprendre que cet espoir est vain. Une longue nuit de presque quatre années commence. Deux millions de Cambodgiens n'en verront pas la fin.

Etrangement, c'est davantage par la lecture de livres que par les témoignages familiaux que j'ai réellement découvert et pris la mesure de ce qui s'était passé. Il y a eu aussi le film longtemps défendu, enfermé dans la bibliothèque du salon, puis les documentaires bouleversants de Roshane Saidnattar ou de Rithy Panh. Et la visite du musée Tuol Sleng en 2011. En traversant ces couloirs, la gorge serrée, on réalise que le cauchemar a été bien réel.





Je ne saurais mieux retranscrire que David Chandler ce que l'on ressent lors de la visite de l'ancien lycée qui fut transformé en centre de détention et de torture.

"A chaque visite, je suis frappé par le contraste entre ce bâtiment paisible et baigné de soleil et les horribles réalités qui y sont exposées, entre les salles de classe peintes à la chaux avec leur sol en carrelage blanc et jaune et les instruments de torture qu'elles contiennent, entre les enfants qui jouent dans la cour et les photos des enfants en route pour la mort. Les yeux des photos d'identité accrochées au mur du musée, particulièrement ceux des femmes et des enfants, semblent me suivre. Savoir, comme nous le savons aujourd'hui alors qu'eux l'ignoraient, qu'ils se dirigeaient tous vers la mort quand ces photos furent prises, introduit un trouble plus déstabilisant, en ce qui me concerne en tous cas, que les photographies des prisonniers morts ou les peintures macabres de tortures réalisées après 1979 par Vann Nath, un des survivants de la prison. 
Au cours de mes visites, des mainates sautillaient souvent le long des chemins envahis par les mauvaises herbes. Des coqs couraient aux alentours, leurs cris se mélangeant au bourdonnement de la circulation sur le boulevard Monivong à l'Est ou, pendant la saison sèche, à la musique se déversant des haut-parleurs des cérémonies de mariages bouddhistes. Dans les années 1970, les bruits hantant ce lieu étaient bien différents. Presque toutes les nuits, dans cette ville plongée dans le noir et silencieuse, les employés de la prison cantonnée sur ce boulevard entendaient les cris des détenus torturés. Tous les survivants et les employés de la prison se souviennent de ces cris de douleur dans la nuit.
Quand on visite ce musée, qu'on intègre le contenu de ses archives et qu'on écoute les survivants et les employés de la prison, on entend encore ces voix fantomatiques."

Extrait de S-21 ou Le crime impuni des Khmer Rouges, traduit de l'anglais par Alexandre Helleu. © Editions Autrement, 2007.

lundi 31 mars 2014

Quatre jours hors du temps

Les îles du Cambodge sont de petits trésors qui n'ont rien envier à leurs voisines thaïlandaises. Exempte de resorts de luxe avec golf, spas et confort moderne, Koh Rong Samloem n'est pas pour autant un repère de backpackers en recherche de Full Moon parties. Soleil, eaux cristallines, faune sous-marine dense et colorée, plages de sable fin presque désertes...Mais pour combien de temps encore ?










mardi 25 mars 2014

A côté des temples...

Siem Reap, c'est aussi les réveils sous le ciel bleu,


...des ruelles tranquilles,



...des havres de paix,


...des petits déjeuners de vacances,





...la navigation apparemment anarchique et pourtant fluide des tuk-tuks,


...les vendeurs ambulants,


...les rafraichissements locaux,


...les couleurs bariolées du marché,


...l'irremplaçable poivre de Kampot,



...les cours de cuisine au Tigre de Papier,


...le pumpkin custard,


...les crevettes sautées, la salade de mangue verte, le boeuf Loc-Lac, le amok, les curries et autres soupes,



...et la grâce des danseuses qui a traversé les siècles.


Emerveillement khmer



En 2004, je mettais les pieds pour la première fois sur le continent asiatique. Une plongée brutale et grisante dans le pays qui avait vu naître et grandir près de la moitié de ma famille. Celui qu'ils avaient dû abandonner il y a plus de trente années. 
Bien que les blessures du passé noir du Cambodge soient toujours visibles, on ne peut que revenir profondément marqué d'un tel voyage, touché par le sourire des enfants et émerveillé par l'alliance de finesse et de massivité des temples d'Angkor. Un premier voyage qui aura ouvert la porte d'une envie insatiable de découverte du Sud-Est asiatique. Dix ans plus tard, la magie opère toujours.

Angkor Wat, octobre 2004

Angkor Wat, janvier 2011

Angkor Wat, mars 2014


Le barattage de la Mer de Lait, mythe hindou de la création, est représenté dans un bas-relief spectaculaire de la galerie orientale d'Angkor Wat. Avec le corps du serpent Vasuki88 asura (démons) et 92 deva (dieux) fouettent la Mer pour en extraire l'amrita, la liqueur d'immortalité. Dans le ciel volent des centaines d'apsaras.



La seule apsara d'Angkor Wat montrant ses dents...


La porte Sud d'Angkor Thom, bordée à gauche de d'une file de deva (dieux) et à droite d'asura (démons), fait écho au bas-relief du barratage de la Mer de Lait d'Angkor Wat.

Le Bayon ressemble  de loin à un tas de décombres. Il faut pénétrer à l'intérieur, grimper au troisième niveau, et se laisser hypnotiser par le sourire énigmatique des visages monumentaux qui ornent les quatre faces des 54 tours. Pour éviter les hordes de touristes qui mettent à mal la magie du lieu, une visite en fin d'après-midi juste avant la fermeture sera plus appropriée, alors que la lumière décline et que les bruits de la forêt se font plus présents.






Les bas-reliefs des premiers niveaux reproduisent des moments de l'histoire de l'empire khmer et des scènes de la vie quotidienne. Ici un combat de coqs et une femme en couche.

Au Ta Prohm, les racines noueuses et tentaculaires des fromagers enserrent les pierres et laissent deviner ce à quoi ressemblaient les temples au moment de leur redécouverte en 1861. Aujourd'hui il faut réellement faire travailler son imagination, car depuis dix ans, le lieu s'est "enrichi" de multiples passerelles de bois et autres "plates-formes à photos de groupe" faisant le bonheur des groupes des visiteurs japonais, chinois et coréens. 






A l'écart des zones les plus fréquentées, les temples anciens du groupe de Roluos valent le détour. Malgré la chaleur écrasante, on goûte ici à l'ambiance paisible des lieux, ponctuée par les chamailleries des enfants qui en ont fait leur terrain de jeux et par les notes de musique traditionnelle qui résonnent au loin.